La rue Hélène BOUCHER à BRON
 

Une courte rue de Bron comprise entre les rues Guillermin et Marcel Bramet dans le quartier du Terraillon, c'est la rue Hélène Boucher. Combien de Brondillants savent ou se rappellent qui était cette Hélène Boucher ?
     Hélène Boucher naît à Paris le 23 mai 1908. Dés son plus jeune âge elle montre un caractère affirmé et plein d'esprit de décision. Elle sait ce qu'elle veut. A 16 ans elle décide d'interrompre ses études. Aux mondanités, elle préfère les exercices sportifs et c'est en pratiquant le golf qu'elle rencontre un ancien camarade devenu officier dans l'Armée de l'Air et qui lui donne son baptême de l'air le 4 juillet 1930. C'est le coup de foudre. Sa décision est prise : elle sera aviatrice ! Elle sera l'égale des Léna Bernstein, Adrienne Bolland, Maryse Hilsz et autres Maryse Bastié.
     Elle fait alors la connaissance d'Henri Farbos, membre de l'Aéro-Club des Landes. Ce tout nouvel Aéro-Club vient d'ouvrir une école de pilotage et offre une prime de 1500 Francs à la première femme brevetée sous son égide. En mars 1931 Hélène part pour Mont de Marsan. 20 heures de vol plus tard, elle est lâchée. Elle revient à Paris en juillet et achète son premier avion, un Gipsy-Moth 85 CH de chez De Havilland.
     Sur son petit appareil elle accumule les heures de vol et se perfectionne dans l'art du pilotage. Mais les tours de piste l'ennuient rapidement et elle pense à se lancer dans des raids. Pour ce faire elle troque son Gipsy-Moth contre un Avro à moteur Cirrus avec lequel elle connaît son premier crash en percutant, sans mal pour elle, un rideau d'arbres au décollage alors que le Cirrus vient de rendre l'âme sans crier gare.
     Le 6 février 1933 l'Avro est retapé. Il est prêt à décoller du Bourget pour un raid Paris-Saigon. A Auxerre, le raid s'achève à cause du brouillard. Le 13 elle repart et, cette fois-ci elle tient l'air jusqu'à Bagdad. Echec, certes. Mais Hélène a montré ce qu'elle pouvait faire avec un matériel notoirement insuffisant. La gloire l'attend à son retour à Paris. Elle vend son Avro et se met en quête d'un appareil dont les performances sont à la hauteur de ses ambitions. Elle déniche un Mauboussin qu'elle apprend à piloter sous les conseils de Fred Nicole et le 2 juillet 1933 elle s'engage dans les 12 heures d'Angers et termine 14 éme après avoir parcouru 1645,864 Km à la vitesse moyenne de 137,155 Km/h. Le lendemain elle est à la une de tous les quotidiens et les actualités projettent son image sur tous les écrans.
     Elle s'attaque au record d'altitude de l'Américaine May Hairlip avec son Mauboussin de 60 ch et le porte à 5900 m soit 400 m de plus.
     1933 est aussi l'année où elle découvre la voltige. Elève de Michel Détroyat, elle fait tout de suite jeu égal avec l'allemande Vera von Bessing. Elle est alors engagée chez Caudron - Renault . Elle pilotera des machines dessinées pour la vitesse, avec des profils incroyablement purs. Avec sa nouvelle machine, le Rafale N° 13, Léno, comme on l'appelle, finit seconde aux 12 heures d'Angers avec 2821 Km parcourus à près de 235 Km/h. Le 6 août 1934 c'est le record du monde de vitesse sur 1000 Km qui tombe à Istres avec 2 heures 26 minutes et 38 secondes soit 405 Km/h. Deux jours plus tard elle recommence : 428 Km/h. Mécontente elle redécolle le lendemain et établit un record à près de 445 Km/h. Sa popularité est alors au zénith.
     Le 30 novembre 1934 vers 15h20 elle décolle du terrain de Guyancourt en vallée de Chevreuse pour un vol d'entraînement. Revenant se poser par mauvaise visibilité elle rate sa présentation et refait un circuit. Mais arrivée en courte finale, alors qu'elle vole très lentement, elle donne un grand coup de moteur pour prolonger sa trajectoire. Le couple moteur déséquilibre l'avion qui part en demi tonneau et percute dans la forêt. C'est fini. Les premiers arrivants ne retireront que le corps brisé de Léno des débris de l'avion. La France entière est en deuil. Ultime hommage de la Nation, le cercueil d'Hélène Boucher est exposé dans la cour des Invalides.
     1930 - 1934 : 4 années d'une vie pleine d'enthousiasme et d'ambition. Hélène Boucher aura vécu ces quatre années à pleine vitesse. Elle n'avait que 26 ans !
Vous qui passez dans la rue Hélène Boucher à Bron, ne voyez pas que la plaque qui porte son nom. Mais essayez de deviner ce regard à la fois volontaire et amical qu'elle a sur tous ses portraits.

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